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Archive for the ‘Actualites’ Category

Écriture inclusive

In Actualites on 7 octobre 2018 at 15 h 48 min

Le café débat du 3 octobre 2018 s’est tenu au Mark XIII et les participant.e.s étaient venu.e.s en nombre pour discuter de l’écriture inclusive.

Nos références historiques et linguistiques influencent fortement nos manières de penser et de nous représenter le monde. Des initiatives ont donc vu le jour dans le domaine de la petite enfance et de l’éducation notamment pour tenter de contrer les stéréotypes sexistes encore trop souvent véhiculés aujourd’hui.

L’écriture inclusive est souvent taxée de vouloir imposer une vision politique (féministe) mais l’entreprise politique de rationalisation de la langue française voulue par Richelieu, qui a créé l’Académie française dans ce seul but, est elle passée sous silence… On nous affirme que le genre n’aurait rien à voir avec le sexe. Et pourtant, la règle du masculin qui l’emporte n’est fondée que sur des arguments aussi peu linguistiques que « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte », de Bouhours en 1675 et « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », de Nicolas Beauzée en 1767.

L’écriture inclusive n’est qu’une manière de démasculiniser la langue pour redonner aux femmes leur place dans la société et dans la langue. L’une des participantes (emploi de la règle de la majorité, les hommes étant en nette minorité ce soir-là) propose de considérer la langue comme un lieu de pouvoir car l’utilisation de l’écriture inclusive à notre humble échelle peut faire changer les choses en se répercutant autour de nous. Mais cette écriture ne nous est pas encore familière et il nous faut faire un effort de réapprentissage, comme une autre participante l’a fait remarquer.

Rassurons sur le champ celles et ceux qui s’inquiéteraient : l’utilisation de l’écriture inclusive ne nous empêche pas de lutter contre toutes les formes de violences sexistes, à notre niveau et en fonction des forces militantes dont nous disposons… Toutes les bonnes volontés sont d’ailleurs les bienvenues !

Pour en savoir plus sur l’écriture inclusive, vous pouvez consulter notre fascicule. Voilà néanmoins quelques règles simples sur lesquelles vous pouvez vous appuyer pour écrire de manière moins exclusive :

  • arrêter de masculiniser : la langue française n’a pas de genre neutre et il n’y a aucune raison pour considérer que le masculin est plus « neutre » que le féminin.
  • accorder au féminin : le féminin existe et n’est pas plus disgracieux ou inélégant que le masculin. En cas de doute, le guide Femme, j’écris ton nom recense plus de 2000 noms de fonctions, grades, métiers ou titres au féminin et au masculin.
  • renoncer aux majuscules de prestige : la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pouvait bien afficher crânement ses majuscules, les femmes et les citoyennes en sont restées exclues jusqu’au XXème siècle !
  • boycotter la règle du masculin qui l’emporte : on peut choisir d’utiliser la règle de la proximité (accorder avec le nom le plus proche) ou de la majorité.
  • utiliser l’ordre alphabétique : pour éviter les clichés tu type « homme, femme et enfant », « papa et maman » ou « Françaises, Français », choisissons une énumération bien plus neutre : « enfant, femme et homme », « maman et papa », « Français, Françaises »…

Une dictée, tirée du programme du Conseil National de la Résistance nous a permis de nous entraîner ensemble et de proposer toutes sortes d’alternatives au texte d’origine.

 

Pour aller plus loin :

Genre, le désaccord (article publié dans Le Monde en 2012).

Tribune d’Eliane Viennot publiée dans L’Express en 2015.

Sur la place des femmes au Moyen-Âge :

http://www.compagnie-litteraire.com/statuts-femme-moyen-age/

http://www.slate.fr/story/115333/travail-femmes-moyen-age

Sur le rôle des femmes dans les guerres :

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TAG en campagne contre le harcèlement sexiste

In Actualites, Violences on 21 mai 2018 at 15 h 45 min

Osez le féminisme 38 tient à saluer l’engagement de la Sémitag et de la SMTC en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

La dernière campagne de recrutement de conducteurs/trices a été particulièrement exemplaire, mettant en avant des femmes et des hommes à différents âges de la vie et avec des physiques différents.

Depuis le mois d’avril, une nouvelle campagne s’attaque au harcèlement sexiste dans les transports.

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La page du site dédiée à la campagne rappelle que : « Le harcèlement sexiste se caractérise par le fait d’imposer tout propos ou comportement à quelqu’un en raison de son sexe ou de son orientation sexuelle et de créer ainsi une situation intimidante, humiliante, dégradante ou offensante portant atteinte à la dignité de la personne.

Les injures, les menaces, les violences sont sévèrement punies par la loi. Le harcèlement sexiste et les violences sexuelles ne sauraient être banalisés, tolérés, excusés ou minimisés. Chacun et chacune peut, et a la responsabilité de réagir. »

Le site appelle les usagères et les usagers à agir pour mettre fin au harcèlement sexiste et propose des conseils aux victimes et aux témoins.

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Insultons proprement !

In Actualites on 23 avril 2018 at 19 h 08 min

Le café-débat du 17 avril, qui s’est tenu au café A l’Affût, avait pour thème les insultes.

Deux tours de table des participant.e.s ont suffit pour dresser une liste de 24 insultes venant spontanément à l’esprit. De « trou du cul » à « ferme ta chatte », en passant par les incontournables « putain », « enculé », « pédé » et « salope ».

Le dictionnaire des gros mots, de Marc Lemonier (400 pages sur les « insultes, grossièretés et autres noms d’oiseaux »), nous a permis de découvrir l’origine d’insultes comme « grognasse » : « Pendant les guerres napoléoniennes, les soldats de la Grande Armée étaient surnommés les grognards. Ils râlaient, il faut dire qu’ils avaient de quoi. Les grognards ont donc un pendant féminin, la grognasse, dont le nom dénonçait la mauvaise humeur. Le terme a bientôt désigné également des femmes d’aspect peu ragoûtant, guère plus intelligentes qu’elles n’étaient belles. L’archétype e la grognasse est Mme Berthe Bérurier, née Poilfou, ogresse nymphomane, héroïne des aventures du commissaire San Antonio. »

Les 24 insultes recensées sont clairement sexistes et homophobes. Parce que le français, qui s’est développé et a évolué dans une société patriarcale, est sexiste. Marina Yaguello, citée dans le magazine belge Agir par la culture, explique que la langue est un « miroir culturel, qui fixe les représentations symboliques, et se fait l’écho des préjugés et des stéréotypes, en même temps qu’il alimente et entretient ceux-ci ». Pour mieux comprendre pourquoi la langue française est sexiste et comment elle a une influence sur la société en perpétuant le sexisme, vous pouvez lire l’article Le sexisme dans la langue française d’Agir par la culture.

Si vous souhaitez insulter proprement, c’est-à-dire sans sexisme, homophobie, racisme ou spécisme, nous vous proposons les quelques astuces suivantes :

1) Les fondamentaux du corps humain et principalement tout ce qui tourne autour de l’anus et des scelles :

  • bouche à merde
  • gland
  • je te chie dessus
  • je te pisse à la raie
  • je vais éclater tes hémorroïdes
  • mange ton caca
  • merde
  • poil de cul
  • sac à merde
  • souillure d’excréments
  • sous-merde
  • ta gueule
  • tête de gland
  • ton nez dans mon cul
  • trou du cul

2) Les classiques :

  • abruti
  • crétin
  • enfoiré
  • mange tes morts
  • pauv’ type
  • raclure
  • va crever la bouche ouverte

3) Le retournement des insultes :

  • fils de lâche
  • j’m’en bat les steaks
  • j’m’en doigte
  • j’te doigte
  • lèche ma chatte
  • sodomise ton père
  • suce mon clito
  • suce ton père

4) La douleur :

  • bouffe ton gland
  • enculeur de cactus
  • je mettrai pas de gants pour ton toucher rectal
  • j’te dissèque le gland
  • je vais te broyer les couilles
  • je vais te péter le frein
  • je vais te titiller la prostate
  • je vais te ventouser la bite

5) Les fluides féminins :

  • avale ma cyprine
  • balance tes pertes
  • bois ma cup
  • bois mon sang
  • je vais te faire une giclée menstruelle
  • je vais te repeindre avec ma cup
  • mâche ma serviette
  • mon tampon dans tes narines
  • tu vas te prendre une giclée de cup

6) La poésie et la philosophie :

  • fleur de vomi
  • je vais enlever ma culotte et je vais m’asseoir sur ton visage
  • t’es un échec

Si vous avez des idées, n’hésitez pas à nous les soumettre dans les commentaires ! Et bonnes insultes !

 

café-débat du 20 mars 2018 : prostitution

In Actualites, Violences on 12 avril 2018 at 16 h 29 min

Le café-débat du 20 mars avait pour thème la prostitution. Il s’agissait pour OLF38 de revenir sur la situation en France, avec la participation de l’Amicale du Nid, qui accompagne les personnes en situation de prostitution. Deux ans après la loi : Quels résultats ? Pourquoi cette loi ? Qui sont les clients ? Et les personnes en situation de prostitution ?

Les participant.e.s étaient nombreux/ses et la petite salle du café A l’Affût était comble! Merci à toutes et tous! 

Le débat a montré que le sujet de la prostitution soulève encore les passions et que l’abolitionnisme n’est pas forcément défendu par tou.te.s.

Les réglementaristes de la prostitution veulent légaliser et encadrer la prostitution : Elles et ils considèrent que la prostitution est un métier comme les autres et qu’il faut permettre aux personnes prostituées de l’exercer dans les meilleures conditions. Elles et ils insistent sur le stigmate qui pèse encore sur les personnes prostituées et cherchent à légitimer l’existence des personnes prostituées encore trop souvent mises au ban de la société.

Pour les abolitionnistes de la prostitution, comme OLF et l’Amicale du Nid, la prostitution est avant tout l’expression d’un rapport de domination : 80 à 90% des personnes prostituées sont des femmes et 95% des client.e.s sont des hommes. Le Haut Conseil à l’Égalité femmes-hommes rappelle que l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 13 à 14 ans. Il note également que la part des personnes étrangères parmi les personnes prostituées a doublé depuis les années 1990 et que 90% des personnes prostituées sur la voie publique seraient étrangères en 2010 (voir le Rapport OCRETH 2010 in Rapport d’information de M. Guy Geoffroy).

Prochain café-débat le 17 avril, même heure, même endroit, avec pour thèmes : les insultes dans la langue française ; comment insulter sans sexisme, racisme ni homophobie ?

Appel des féministes grenobloises

In Actualites, Violences on 15 mars 2018 at 5 h 52 min

Les féministes grenobloises, dont OLF38 fait partie, avaient appelé au rassemblement pour dire NON aux concerts de Bertrand Cantat à La Belle Electrique !

Voici le texte de leur appel :

Les 13 et 14 mars 2018, Bertrand Cantat sera en concert à La Belle Électrique à Grenoble. Il nous est impensable de ne pas réagir face à ce choix de programmation.

De plus, l’histoire de ce chanteur nous semble emblématique et donc une bonne occasion de revenir sur la notion de justice, et sur la manière dont notre société se comporte face aux violences faites aux femmes.

Pour ceux et celles qui pensent que le meurtre de Marie Trintignant n’était qu’un accident, une erreur de parcours 

Revenons sur les faits, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003, Bertrand Cantat assène 19 coups violents à sa compagne Marie Trintignant. Malgré l’hémorragie et le coma qui s’ensuivent, il la laisse sans secours pendant plusieurs heures. Elle décède le 1er août à l’hôpital.

Il ne s’agit pas là d’un « pétage de plombs », d’un événement isolé. Au contraire, cet acte s’inscrit dans les mécanismes de la violence conjugale, aujourd’hui bien connus.

L’idée du « pétage de plombs » dans les cas de crime conjugaux (ou « féminicides »1) est d’ailleurs largement relayée dans les médias qui décrivent ces « fait divers »2 comme des « crimes passionnels, n’explicitant que très rarement le contexte de violence conjugale dans lesquels ils s’inscrivent3.

Cela commence par une emprise psychologique4 (contrôle, isolement, destruction de la confiance en soi de la victime) et peut aller jusqu’aux coups, parfois mortels. Ces mécanismes permettent aux auteurs d’obtenir le contrôle sur leur partenaire et quand ils ont le sentiment que ce contrôle leur échappe, ils intensifient les violences.

Ces mécanismes ne se construisent pas « à deux », vision des choses où les membres du couple seraient à égalité responsables. D’ailleurs, les violences apparaissent souvent dans plusieurs relations de leur auteur.

Nous savons aujourd’hui que Bertrand Cantat a un long passé de violence envers ses compagnes et les femmes de son entourage. Au delà du meurtre de Marie Trintignant, il s’agit bien d’un schéma qui se répète. Peu à peu des informations sortent malgré l’omerta qui règne autour du chanteur.

Tout d’abord le message poignant laissé par Krisztina Rady (femme du chanteur avec qui il se réinstalle lors de sa liberté conditionnelle en 2007) sur le répondeur de ses parents, qui dénonce les violences qu’elle subit et ce 6 mois avant de se suicider5.

Le travail d’Anne-Sophie Jahn6 qui met en lumière les fonctionnements violents du chanteur qu’elle fait remonter jusqu’aux années 80.

Ainsi que la main courante pour harcèlement déposée récemment par une autre femme7.

Pour ceux et celles qui pensent qu’il a purgé sa peine…

Condamné à 8 ans de prison (il est relâché au bout de 3 ans et demi), Bertrand Cantat a en effet, « purgé sa peine » aux yeux de la justice. Il nous semble néanmoins nécessaire de revenir sur le système judiciaire qui a prononcé cette peine.

Le travail de nombreuses militantes féministes a permis une évolution du traitement judiciaire des violences faites aux femmes. Mais vus les faibles pourcentages de dépôts de plainte, de condamnations et les peines, souvent minimes en comparaison à d’autres crimes ou délits8, sans parler des récidives, nous avons du mal à y voir une réponse adaptée et suffisante.

De plus, notre système judiciaire n’existe pas en dehors des inégalités de classe, « race » et sexe qui structurent la société. Au contraire, il les reproduit.

Comment oublier en effet, le traitement de Jacqueline Sauvage, qui, pour avoir tué son conjoint violent, a écopé de 10 ans de prison en première instance puis en appel.

De plus, on le sait, les prisons sont surtout remplies de personnes des classes les plus pauvres (et donc souvent racisées) pour des crimes et délits en lien avec leur situation économique et le peu d’opportunités qui leur sont offertes par cette société.

Et contrairement à Bertrand Cantat, tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir un avocat de renom qui mettra l’affaire dans ses priorités et ainsi d’écoper d’une peine très faible, puis à être transféré au bout de 6 mois en France et bénéficier des remises de peine.

Nous ne voulons pas dire qu’il aurait dû faire plus de prison, nous souhaitons juste souligner « l’injustice de la justice ». Pour nous, la prison n’est pas une solution adaptée. C’est une punition décidée par l’État qui n’offre pas de vraies réparations aux victimes, ne responsabilise pas les auteurs de violences et ne change rien à leur comportement. Bien sur, elle permet aux rares femmes qui arrivent au bout de ce parcours de la combattante de pouvoir reconstruire leur vie en sécurité pendant un temps, mais quand le condamné sort de prison, ni elles, ni les futures compagnes de celui-ci ne sont à l’abri.

Le cas de Bertrand Cantat démontre cela parfaitement.

Et peut donc reprendre le cours normal de son existence

La prison voudrait donc dire l’absolution ? Oubli et pardon, on fait comme si rien n’était arrivé ?

Et que se passe-t-il pour ceux qui s’en sortent parce qu’il y a prescription, parce que la procédure ne va pas au bout, ou pour toutes les autres raisons qui font que les auteurs de violence ne sont souvent pas condamnés9 ?

Et que penser de ce père de famille condamné à 18 mois de prison avec sursis pour les viols qu’il a commis sur sa fille de ses 9 ans à ses 15 ans10 ? Bah c’est bon la justice à tranché ! Peut-être il joue bien de la guitare et on pourrait l’inviter à se produire à la fête du quartier ? Ou à la fête de l’école tiens ! En duo avec Bertrand Cantat peut-être ? Sans doute pas…

On voit l’hypocrisie de ce pseudo-discours sur la réinsertion. Mais ses fans ne se cacheraient-iels pas derrière pour pouvoir continuer à l’aduler sans mauvaise conscience ? Étonnamment, ce vrai problème est soulevé dans le cas du chanteur, mais beaucoup moins pour toutes les personnes qui sont incarcérées pour des faits bien moins graves et souvent liés aux injustices économico-sociales comme nous l’avons vu. Pourtant ces personnes-là, elles, vivent vraiment la stigmatisation qui est le corollaire de leur peine de prison et ont du mal à décrocher les boulots même les moins valorisés… Il semblerait que la prison salisse certain-e-s et en blanchisse d’autres…

Peut-être qu’on ne s’intéresse à cette question que quand « reprendre une une vie normale » consiste à être sous les spot lights avec l’argent et les fans qui vont avec ?

Mais alors, qu’est ce qu’on voudrait qu’il fasse ?

Ce que nous attendons de quelqu’un comme Bertrand Cantat est avant tout qu’il agisse avec responsabilité et décence, ce qui veut dire, par exemple, mettre la réparation et le bien être des autres avant le sien et penser aux victimes (si elles sont encore vivantes), à leurs proches et à toutes les femmes qui ont subi des violences.

C’est pour cela que nous trouvons inacceptable que Bertrand Cantat ait repris une vie publique, qu’il sorte un album, qui plus est intitulé Amor Fati (« l’amour du destin » ou « accepter son destin »), monte sur scène pour se faire acclamer, apparaisse en couverture des Inrocks.

Au cours de l’interview complaisante publiée par le magazine, il explique comment ce qui lui est arrivé était dur et qu’il devait prendre des médicaments pour s’en remettre, qu’il avait même pensé au suicide, etc.11. Les larmes nous montent… Mais non, il ne s’agit pas de quelque chose « qui lui est arrivé », il en est responsable, il a agit et tué. Mais cette victimisation indécente d’un agresseur ne nous étonne pas, c’est un phénomène très courant dans ce genre de cas.

On ne lui demande pas d’aller habiter sur une île déserte, mais oui qu’il se mette en retrait. C’est un artiste de talent, très bien. Libre à lui de composer pour d’autres et de faire de la musique avec ses ami-e-s. Accorder plus de temps à des soins psychologiques pourrait aussi être une bonne idée, mais pour qu’ils soient générateurs de changement, encore faut-il être conscient de ses problèmes et en prendre l’entière responsabilité.

2 poids 2 mesures : qui a le droit à la notoriété et au pardon ?

Des événements médiatiques récents nous montrent les inégalités de traitement quant à qui peut garder une place publique ou pas.

Le 9 février dernier, Orelsan est consacré par trois « victoires de la musique ». Comment oublier ses paroles et leur violence sexiste exacerbée, comme dans sa chanson au titre poétique Sale pute dont nous ne citerons ici que le très à propos « J’te collerai contre un radiateur en te chantant Tostaky »12 ou encore celles de Saint Valentin « Mais ferme ta gueule ou tu vas te faire Marie-trintigner ». On voit au passage comment les références aux actes de Bertrand Cantat sont utilisées pour participer au climat de terrorisation des femmes.

Mais voilà, pas de problème pour le rappeur blanc, sa condamnation – sur plainte d’associations féministes – pour « provocation à la violence envers les femmes » a été cassée par la cour d’appel au nom de la « liberté d’expression », et on pourrait parier qu’elle n’aurait pas changé grand-chose de toute façon parce qu’après avoir payé ses 1000 euros d’amande, il aurait lui aussi réglé sa dette… Et puis c’était y’a longtemps !

Mais la liberté d’expression, ce n’est pas pour tout le monde, et le bénéfice du temps qui passe non plus.

Le 3 février dernier, oh miracle !, une jeune femme voilée, Mennel, fait son entrée sur le plateau de l’émission de télé crochet de TF1 The Voice. On y a presque cru, enfin une personne faisant partie de ce qui est sans doute la population la plus discriminée et stigmatisée en France (aux croisées du sexisme et de l’islamophobie) a accès aux spots light ! Mais notre joie fut de courte durée. Très vite, de vieux twits de la candidate sont déterrés par la fachosphère, on ne sait pas comment, et comme toujours, sont relayés par les médias dominants.

Montés en épingle, ces messages sont lus comme des « apologies du terrorisme ». Là, pas besoin de jugement : malgré ses excuses, après une polémique d’un niveau pathétique remplie d’amalgames et d’islamophobie écœurante, Mennel se retire de l’émission.

Pendant ce temps, malgré la libération de la parole des femmes grâce à #Me too et #Balance ton porc, des hommes politiques accusés de violences sexistes diverses restent bien en place.

Et les fans dans tout ça ?

Et oui, Bertrand Cantat a beaucoup de fans. Voix rock et engagée de toute une génération (dont nous !), avec Noir Désir, il chantait tout haut ce qu’on rêvait d’entendre et cassait ainsi la pensée unique présente dans la plupart des médias. Le beau gosse de la gauche de la gauche est devenu un porte-parole, un symbole.

Et oui, ça aurait été tellement plus facile si c’était un vieux type moche de droite, les organisations de gauche auraient alors sans doute eu moins de mal à condamner son retour sur scène…

Vouloir oublier ses actes et le maintenir sur son piédestal, aller l’acclamer sur scène, acheter ses disques, nourrir sa notoriété, ne font que renforcer sa position d’intouchable. L’omerta autour de lui reste encore à détruire, et plus il aura du pouvoir, plus ce sera difficile pour ses victimes et les témoins de parler.

Personne ne veut être le/la méchant.e qui ternie l’image de l’idole rebelle et devra en payer le prix : décrédibilisation, attaques personnelles, procès (Cantat semble assez friand des procès pour diffamation envers celleux qui l’attaquent, heureusement, il en perd).

Si vous avez vos billets, déchirez- les et rejoignez-nous !

Soyons nombreux-ses le 13 mars devant La Belle Électrique dès 19h pour manifester notre ras le bol et notre colère face aux violences faites aux femmes et leur banalisation !

2Quand on sait qu’une femme meurt sous les coup de son (ex)conjoint tous les 2,5 jours, est-ce vraiment du « fait divers » ? Ces crimes ne seraient-ils pas plutôt des « faits sociaux » partie intégrante de la société patriarcale ?

4Lio dans Tout le monde en parle hhtps://www.youtube.com/watch?v=2fWVQVsI-F4 14’32

5Marie Trintignant, L’amour à mort (titre malheureux) de Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard (Archipel, 2013)

Pour entendre le message de Krisztina Rady : https://www.youtube.com/watch?v=bmUzl1e_cW4

6Bernard Cantat, enquête sur une Omerta, le point 29 novembre 2017 et son livre Les septs péchés capitaux du rock. Sexe, violence, argent, Flammarion 2018

 

8 mars 2018 : Appel à la grève

In Actualites, Plateforme on 5 mars 2018 at 19 h 09 min

Communiqué de presse de la Plateforme des Droits des Femmes de l’Isère pour la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Nous, organisations syndicales et féministes de l’Isère, appelons à la grève et à la mobilisation générale ce 8 mars, pour défendre les droits des femmes.

Ces femmes du monde entier qui sont quotidiennement confrontées aux discriminations, violences et attaques sexistes, lesbophobes, transphobes, économiques, physiques, médicales, sexuelles, parce qu’elles sont femmes.

En ce début d’année 2018, des femmes migrantes sont encore violées et violentées,  des jeunes filles n’ont pas accès à l’éducation, des filles nigérianes sont enlevées, des femmes américaines n’ont plus la possibilité d’avorter, une femme européenne gagne en moyenne 23 % de moins qu’un homme, une femme française meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint, et une autre est la cible de viol ou de tentative de viol toutes les 10 minutes.

En Isère, les subventions régionales et départementales aux associations participant à la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes ont été atrophiées, quand elles n’ont pas été entièrement supprimées. Le Centre d’information des droits des femmes et des familles de l’Isère a été contraint de fermer ses portes, et de nombreuses associations voient leur capacité d’action diminuer ou remise en cause.

Nous refusons le système social, sociétal, politique et structurel qui nourrit toutes ces inégalités ! Nous nous opposons aux reculs incessants des droits sociaux pour les salarié-es, chomeurs/ses, précaires, étudiant-es et retraité-es !

Pour toutes ces raisons, nous rappelons que la journée du 8 mars ne se « fête » pas par un cadeau ou une distribution de fleurs sur le lieu de travail, ce n’est pas “la journée de la femme” mais bien la journée internationale de lutte pour  les droits des femmes. Une journée de lutte pour l’égalité et la justice sociale.

Parce que l’égalité entre les femmes et hommes est indispensable au progrès social, faisons ensemble de la journée du 8 mars 2018 une journée d’actions et de grèves pour les droits des femmes !

Rendez-vous le jeudi 8 mars à 15h40, arrêt de tram La Tronche, pour une manifestation dont le cortège se dirigera jusqu’à la place Félix Poulat.

Contact : Plateforme des droits des femmes de l’Isère.

Pétition des féministes grenobloises

In Actualites, Violences on 5 mars 2018 at 19 h 01 min

Le maire de Grenoble et l’Association MixLab doivent annuler les concerts de Bertrand Cantat à la Belle Electrique.

Parce que depuis le mois de novembre 2017, la parole des femmes victimes de violences masculines se libère et que l’impunité des agresseurs est enfin mise à mal.
Parce qu’en 2018, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint.
Parce que Bertrand Cantat, après avoir commis un féminicide en 2003, est aujourd’hui accusé de faits de violence grave dont il n’a jamais répondu devant la justice.
Parce qu’il faut lutter contre la banalisation des violences masculines subies par les femmes :

Les féministes grenobloises, dont Osez le Féminisme! 38 fait partie, interpellent Eric Piolle, maire de Grenoble, l’équipe municipale et l’association MixLab, et réclament l’annulation des deux dates de concert de Bertrand Cantat : les 13 et 14 mars 2018 à la Belle électrique.

Les féministe grenobloises viennent de lancer une pétition sur la plateforme change.org.

Il n’est ici pas question d’art, de censure ou de remise en cause du talent de Bertrand Cantat.
Il est question de dénoncer un choix politique qui a pour conséquence de valoriser et promouvoir un artiste connu pour ses actes de violence envers les femmes.

Un choix inacceptable, incohérent et qui fait obstacle à la lutte contre les violences envers les femmes.

Signez cette pétition et faites entendre votre opposition :
https://www.change.org/p/%C3%A9ric-piolle-le-maire-de-grenoble-doit-annuler-le-concert-de-bertrand-cantat-%C3%A0-la-belle-electrique

Création d’un jeu de société féministe

In Actualites on 22 février 2018 at 17 h 52 min

Le café-jeu du 20 février a été l’occasion de présenter une base pour la création collective d’un jeu de société féministe.

Les participant.e.s se sont rapidement pris au jeu et ont permis de faire évoluer la proposition d’Osez le féminisme ! 38. Les idées ont fusé, dans une ambiance détendue et ludique.

Le projet consiste à créer un prototype de jeu de plateau à destination d’un public averti. Il a été suggéré d’envisager d’élargir le projet avec une deuxième version qui pourrait servir de support à des interventions en milieux scolaire et professionnel. Le jeu pourrait alors servir d’introduction à une discussion en vulgarisant les enjeux féministes de manière ludique. Et pourquoi pas : évolution vers un jeu d’énigmes à la manière des « escape games » ? Voire un jeu de rôle grandeur nature !

Mais avant d’arriver à toutes ces variantes, nous allons d’abord essayer de finaliser la première version le plus rapidement possible. Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de participer au café-jeu, voici quelques informations sur le contenu du jeu :

Le plateau est un utérus avec ses deux trompes de Fallope, son vagin et son clitoris. Il s’agit d’effectuer le parcours de la vie d’une femme depuis sa naissance jusqu’à son arrivée dans une société féministe au niveau du clitoris.

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Les pions des participant.e.s sont rassemblés sur la case départ. La première joueuse (ou le premier joueur) lance les dés.

  • En cas de nombre impair, le parcours s’effectuera à partir de l’ovaire droit : « tes parents voulaient un garçon ».
  • En cas de nombre pair, le parcours s’effectuera à partir de l’ovaire gauche : « tes parents voulaient une fille ».

Si vous avez des propositions, n’hésitez pas à nous laisser des commentaires ou à nous envoyer un mail à l’adresse : osezlefeminisme38@gmail.com.

Assemblée Générale 2018

In Actualites on 15 février 2018 at 13 h 47 min

L’Assemblée générale d’Osez le féminisme 38 s’est tenue le 26 janvier 2018 au Planning Familial.

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Le bilan d’activité et le bilan financier ont été votés ainsi que le nouveau Conseil d’Administration et le nouveau Bureau.

Le nouveau CA est désormais composé de Mireille Chadaida, Jenny Ducoli, Judith Escallier, Marine Girot, Vanessa Hinkel, Bernard Malraison et Chloé Parra.

Quant au nouveau bureau, il est constitué de :

Présidente : Jenny Ducoli

Secrétaire : Mireille Chadaida

Trésorière : Marine Girot

La soirée s’est poursuivie avec une discussion autour des raisons qui ont poussées les membres présent.e.s vers le féminisme. Nous avons évoqué les thèmes des prochains cafés-débats et envisagé les actions à mener au cours de l’année 2018.

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Et pour terminer la soirée, Les Balances nous ont chanté des chansons à quatre voix, à la guitare et au piano.

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Merci à tou.te.s pour cette Assemblée Générale réussie et à bientôt pour de nouvelles actions festives et engagées !

Les femmes, ces brillantes innovatrices oubliées des sciences

In Actualites on 18 janvier 2018 at 16 h 56 min

L’exposition créée par OLF38 il y a deux ans est affichée à la Maison des Associations jusqu’en mars 2018. Le vernissage a eu lieu le 16 janvier en présence d’Emmanuel CARROZ, Adjoint au maire, en charge de l’Égalité des droits et de la Vie associative.

L’exposition met en lumière des femmes qui ont joué un rôle capital dans l’avancée des connaissances scientifiques. Le but de ces onze portraits est de faire connaître des chercheuses qui ont travaillé toute leur vie dans l’ombre et que l’Histoire a complètement effacées, mais aussi les difficultés qu’elles ont pu rencontrer.

Venez découvrir Ada LOVELACE, Cécilia PAYNE-GAPOSCHKIN, Emily NOETHER, Esther LEDERBERG, Katherine JOHNSON, Lise MEITNER, Maryam MIRZAKHANI, Nettie STEVENS, Rosalind FRANKLIN, Cécile HUNEAU et Nedjma BENDIAB, onze femmes scientifiques qui tordent le cou aux idées reçues sur les capacités des femmes dans les sciences !