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Écriture inclusive

In Actualites on 7 octobre 2018 at 15 h 48 min

Le café débat du 3 octobre 2018 s’est tenu au Mark XIII et les participant.e.s étaient venu.e.s en nombre pour discuter de l’écriture inclusive.

Nos références historiques et linguistiques influencent fortement nos manières de penser et de nous représenter le monde. Des initiatives ont donc vu le jour dans le domaine de la petite enfance et de l’éducation notamment pour tenter de contrer les stéréotypes sexistes encore trop souvent véhiculés aujourd’hui.

L’écriture inclusive est souvent taxée de vouloir imposer une vision politique (féministe) mais l’entreprise politique de rationalisation de la langue française voulue par Richelieu, qui a créé l’Académie française dans ce seul but, est elle passée sous silence… On nous affirme que le genre n’aurait rien à voir avec le sexe. Et pourtant, la règle du masculin qui l’emporte n’est fondée que sur des arguments aussi peu linguistiques que « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte », de Bouhours en 1675 et « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », de Nicolas Beauzée en 1767.

L’écriture inclusive n’est qu’une manière de démasculiniser la langue pour redonner aux femmes leur place dans la société et dans la langue. L’une des participantes (emploi de la règle de la majorité, les hommes étant en nette minorité ce soir-là) propose de considérer la langue comme un lieu de pouvoir car l’utilisation de l’écriture inclusive à notre humble échelle peut faire changer les choses en se répercutant autour de nous. Mais cette écriture ne nous est pas encore familière et il nous faut faire un effort de réapprentissage, comme une autre participante l’a fait remarquer.

Rassurons sur le champ celles et ceux qui s’inquiéteraient : l’utilisation de l’écriture inclusive ne nous empêche pas de lutter contre toutes les formes de violences sexistes, à notre niveau et en fonction des forces militantes dont nous disposons… Toutes les bonnes volontés sont d’ailleurs les bienvenues !

Pour en savoir plus sur l’écriture inclusive, vous pouvez consulter notre fascicule. Voilà néanmoins quelques règles simples sur lesquelles vous pouvez vous appuyer pour écrire de manière moins exclusive :

  • arrêter de masculiniser : la langue française n’a pas de genre neutre et il n’y a aucune raison pour considérer que le masculin est plus « neutre » que le féminin.
  • accorder au féminin : le féminin existe et n’est pas plus disgracieux ou inélégant que le masculin. En cas de doute, le guide Femme, j’écris ton nom recense plus de 2000 noms de fonctions, grades, métiers ou titres au féminin et au masculin.
  • renoncer aux majuscules de prestige : la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pouvait bien afficher crânement ses majuscules, les femmes et les citoyennes en sont restées exclues jusqu’au XXème siècle !
  • boycotter la règle du masculin qui l’emporte : on peut choisir d’utiliser la règle de la proximité (accorder avec le nom le plus proche) ou de la majorité.
  • utiliser l’ordre alphabétique : pour éviter les clichés tu type « homme, femme et enfant », « papa et maman » ou « Françaises, Français », choisissons une énumération bien plus neutre : « enfant, femme et homme », « maman et papa », « Français, Françaises »…

Une dictée, tirée du programme du Conseil National de la Résistance nous a permis de nous entraîner ensemble et de proposer toutes sortes d’alternatives au texte d’origine.

 

Pour aller plus loin :

Genre, le désaccord (article publié dans Le Monde en 2012).

Tribune d’Eliane Viennot publiée dans L’Express en 2015.

Sur la place des femmes au Moyen-Âge :

http://www.compagnie-litteraire.com/statuts-femme-moyen-age/

http://www.slate.fr/story/115333/travail-femmes-moyen-age

Sur le rôle des femmes dans les guerres :

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