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Insultons proprement !

In Actualites on 23 avril 2018 at 19 h 08 min

Le café-débat du 17 avril, qui s’est tenu au café A l’Affût, avait pour thème les insultes.

Deux tours de table des participant.e.s ont suffit pour dresser une liste de 24 insultes venant spontanément à l’esprit. De « trou du cul » à « ferme ta chatte », en passant par les incontournables « putain », « enculé », « pédé » et « salope ».

Le dictionnaire des gros mots, de Marc Lemonier (400 pages sur les « insultes, grossièretés et autres noms d’oiseaux »), nous a permis de découvrir l’origine d’insultes comme « grognasse » : « Pendant les guerres napoléoniennes, les soldats de la Grande Armée étaient surnommés les grognards. Ils râlaient, il faut dire qu’ils avaient de quoi. Les grognards ont donc un pendant féminin, la grognasse, dont le nom dénonçait la mauvaise humeur. Le terme a bientôt désigné également des femmes d’aspect peu ragoûtant, guère plus intelligentes qu’elles n’étaient belles. L’archétype e la grognasse est Mme Berthe Bérurier, née Poilfou, ogresse nymphomane, héroïne des aventures du commissaire San Antonio. »

Les 24 insultes recensées sont clairement sexistes et homophobes. Parce que le français, qui s’est développé et a évolué dans une société patriarcale, est sexiste. Marina Yaguello, citée dans le magazine belge Agir par la culture, explique que la langue est un « miroir culturel, qui fixe les représentations symboliques, et se fait l’écho des préjugés et des stéréotypes, en même temps qu’il alimente et entretient ceux-ci ». Pour mieux comprendre pourquoi la langue française est sexiste et comment elle a une influence sur la société en perpétuant le sexisme, vous pouvez lire l’article Le sexisme dans la langue française d’Agir par la culture.

Si vous souhaitez insulter proprement, c’est-à-dire sans sexisme, homophobie, racisme ou spécisme, nous vous proposons les quelques astuces suivantes :

1) Les fondamentaux du corps humain et principalement tout ce qui tourne autour de l’anus et des scelles :

  • bouche à merde
  • gland
  • je te chie dessus
  • je te pisse à la raie
  • je vais éclater tes hémorroïdes
  • mange ton caca
  • merde
  • poil de cul
  • sac à merde
  • souillure d’excréments
  • sous-merde
  • ta gueule
  • tête de gland
  • ton nez dans mon cul
  • trou du cul

2) Les classiques :

  • abruti
  • crétin
  • enfoiré
  • mange tes morts
  • pauv’ type
  • raclure
  • va crever la bouche ouverte

3) Le retournement des insultes :

  • fils de lâche
  • j’m’en bat les steaks
  • j’m’en doigte
  • j’te doigte
  • lèche ma chatte
  • sodomise ton père
  • suce mon clito
  • suce ton père

4) La douleur :

  • bouffe ton gland
  • enculeur de cactus
  • je mettrai pas de gants pour ton toucher rectal
  • j’te dissèque le gland
  • je vais te broyer les couilles
  • je vais te péter le frein
  • je vais te titiller la prostate
  • je vais te ventouser la bite

5) Les fluides féminins :

  • avale ma cyprine
  • balance tes pertes
  • bois ma cup
  • bois mon sang
  • je vais te faire une giclée menstruelle
  • je vais te repeindre avec ma cup
  • mâche ma serviette
  • mon tampon dans tes narines
  • tu vas te prendre une giclée de cup

6) La poésie et la philosophie :

  • fleur de vomi
  • je vais enlever ma culotte et je vais m’asseoir sur ton visage
  • t’es un échec

Si vous avez des idées, n’hésitez pas à nous les soumettre dans les commentaires ! Et bonnes insultes !

 

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café-débat du 20 mars 2018 : prostitution

In Actualites, Violences on 12 avril 2018 at 16 h 29 min

Le café-débat du 20 mars avait pour thème la prostitution. Il s’agissait pour OLF38 de revenir sur la situation en France, avec la participation de l’Amicale du Nid, qui accompagne les personnes en situation de prostitution. Deux ans après la loi : Quels résultats ? Pourquoi cette loi ? Qui sont les clients ? Et les personnes en situation de prostitution ?

Les participant.e.s étaient nombreux/ses et la petite salle du café A l’Affût était comble! Merci à toutes et tous! 

Le débat a montré que le sujet de la prostitution soulève encore les passions et que l’abolitionnisme n’est pas forcément défendu par tou.te.s.

Les réglementaristes de la prostitution veulent légaliser et encadrer la prostitution : Elles et ils considèrent que la prostitution est un métier comme les autres et qu’il faut permettre aux personnes prostituées de l’exercer dans les meilleures conditions. Elles et ils insistent sur le stigmate qui pèse encore sur les personnes prostituées et cherchent à légitimer l’existence des personnes prostituées encore trop souvent mises au ban de la société.

Pour les abolitionnistes de la prostitution, comme OLF et l’Amicale du Nid, la prostitution est avant tout l’expression d’un rapport de domination : 80 à 90% des personnes prostituées sont des femmes et 95% des client.e.s sont des hommes. Le Haut Conseil à l’Égalité femmes-hommes rappelle que l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 13 à 14 ans. Il note également que la part des personnes étrangères parmi les personnes prostituées a doublé depuis les années 1990 et que 90% des personnes prostituées sur la voie publique seraient étrangères en 2010 (voir le Rapport OCRETH 2010 in Rapport d’information de M. Guy Geoffroy).

Prochain café-débat le 17 avril, même heure, même endroit, avec pour thèmes : les insultes dans la langue française ; comment insulter sans sexisme, racisme ni homophobie ?